Trois vestiges

dans le parc du Mont-Orford

En entrant dans le parc du Mont-Orford par le chemin de terre au nord d’Orford Musique, on rejoint le sentier no 2 du parc avec la possibilité d’aller à gauche vers l’ouest ou droit devant, vers le nord. La direction nord correspond à un chemin ancien, le Hoyt’s Road qui apparaît sur une carte de 1837; il reliait le secteur du golf actuel au chemin de Sherbrooke-Montréal au nord, la jonction se trouvant un peu à l’est du lac Fraser (l’actuelle route 220).

Sur une carte topographique de 1917, on voit trois maisons. À cette époque, ces maisons existent depuis un certain temps mais elles n’y seront que pour une période relativement courte, puisqu’elles seront achetées par le gouvernement du Québec en 1939, au moment de la création du parc.

ARDEN WHITTIER et ADDIE PAIGE
(Établis entre 1875 et 1881)

Sur le lot 22 du rang XV, on trouve au recensement de 1881 le couple Arden Whittier et Addie Paige (mariés en 1875), tous les deux âgés de 26 ans, avec trois enfants de moins de cinq ans. Le rôle d’évaluation de 1884 indique vraisemblablement que ce sont Arden et Addie qui paient les taxes; cela signifie qu’ils détiendraient un billet d’occupation. En 1900, ils peuvent acheter le terrain et les bâtiments où ils habitent déjà.

Arden est le petit-fils des premiers pionniers. Sa mère est Harriet Rider, la fille de William Rider et d’Isabella Hoyt, le tout premier couple recensé à Cherry River en 1842, à l’emplacement du golf actuel.  Harriet a épousé Lewis Willis Whittier, fils de Webster Whittier et de Lucina Chatman arrivés entre 1855 et 1858 du New Hampshire et installés sur le lot 26 du rang XV, plus au sud.

Au recensement de 1921, Arden et Addie ont 56 ans et sont toujours là, avec un petit fils de 15 ans. Addie Paige décédera en 1928 et Arden deviendra le seul propriétaire. En 1930, il vendra le tout (plus une partie du lot au sud) à James S. Buzzell qui lui louera l’emplacement jusqu’à l’expropriation en 1939. D’importants vestiges des fondations de la maison et des bâtiments de ferme sont toujours visibles, de part et d’autre du sentier, l’ancien chemin Hoyt.

 

JOHN MARTIN et DÉLIA BILLETDOUX
(Établis entre 1881 et 1891)

Quant à la maison plus au sud, sur le lot 23 du Rang XV, personne n’apparaît sur ce lot au recensement de 1881. D’ailleurs, c’est un des rares lots pour lequel la transaction de la BALC reste introuvable. Au recensement de 1891, John Martin et son épouse Délia Billetdoux (mariés en 1878) y sont installés. Ils sont tous deux de Bolton. Ils quitteront pour Magog en 1898 après avoir vendu le terrain et les bâtiments à Charles Whittier, le fils aîné de Arden Whittier et Addie Paige qui habitent juste au nord. Charles épousera Mary Dufresne quelques mois plus tard en 1898. Le couple vendra le lot au père de Charles, Arden Whittier, en 1914 mais il continue d’habiter les lieux. En 1921 selon le dernier recensement disponible, le couple est toujours là.

La maison est peut-être de moins bonne qualité ce qui expliquerait qu’on ne voit plus de vestiges des fondations mais l’emplacement révèle indéniablement l’occupation humaine par l’état du déboisement et la présence de plusieurs amas de pierres toujours sur les lieux.

 

WILLIAM McKELVEY ET JULIA MARIA BEATTIE
(Établis entre 1892 et 1901)

Enfin, la troisième maison plus à l’ouest (sur le lot 22 du rang XVI), a appartenu au couple formé de William McKelvey et de Julia Maria Beattie qui se sont mariés en 1892.  Il est possible qu’il se soient établis à cet endroit peu après leur mariage puisque le terrain appartenait déjà à leur beau-frère, Alfred Mitson, qui lui l’avait acquis de la BALC en 1884 comme terre à bois. Au recensement de 1901 ils y sont inscrits, William, 34 ans, son épouse Julia Maria Beattie, 30 ans et leurs quatre enfants. William s’est établi tout près de ses frères John et Robert et de son père John qui occupent des lots immédiatement au sud.

En 1917, la ferme et la maison sont vendues au neveu de William, Edward J. McKelvey et ce dernier les cédera au gouvernement en 1939. Tout près du sentier no 2, on peut encore apercevoir aujourd’hui les vestiges des fondations de la maison et des bâtiments de ferme.

20201029_143942.jpg

Three ruins in Mont Orford Park

In Mont Orford Park there are three ruins. Following the track north of Orford Musique, park trail no. 2 offers a choice – turn left towards the west or continue straight ahead.  The northerly direction corresponds to the route of Hoyt’s Road, a track that appeared on an 1837 map.  It ran between what is now the golf course and the Sherbrooke-Montreal Road, to a junction a little to the east of Lake Fraser (at Route 220).

 

A 1917 topographic map shows three houses. They had been there for some years before 1917, but would not be much longer.  At the park’s creation in 1939 the Quebec government expropriated the land.

 

ARDEN WHITTIER and ADDIE PAIGE (arrived between 1875 and 1881)

The 1881 census reports that Arden Whittier and Addie Paige (married in 1875) lived on lot 22 of rang XV. Both aged 26, they had three children under the age of five.  The 1884 municipal valuation roll indicates that they likely had a location ticket.  In 1900, they were able to buy the land and buildings they had been occupying for years.

 

Arden was a grandson of the earliest pioneers.  His mother was Harriet Rider, daughter of William Rider and Isabella Hoyt, the first couple known to have lived in Cherry River.  In 1842 their home was where the golf course is now.  Harriet married Lewis Willis Whittier, son of Webster Whittier and Lucina Chatman, who arrived between 1855 and 1858 from New Hampshire, settling on Lot 26 in Range XV. 

 

The 1921 census shows that Arden and Addie were living in the same place, with a 15-year-old grandson.  Addie Paige died in 1928 and in 1930 Arden Whittier sold to James S. Buzzell, who rented him the farm until the government’s 1939 purchase. The buildings fell into ruin but the foundations of the house and farm buildings are still visible on both sides of the trail.

 

JOHN MARTIN and DÉLIA BILLETDOUX (arrived between 1881 and 1891)

The 1881 census shows no one living on Lot 23 of Range XV.  While this is one of the rare lots for which the BALC transfer cannot be found, by 1891 the census nonetheless reports that John Martin and Délia Billetdoux (married in 1878) had settled there. They were both from Bolton and did not stay long in Cherry River.  They moved to Magog in 1898 after selling the land and buildings to Charles, the eldest son of Arden Whittier and Addie Paige.  He married Mary Dufresne a few months later. The couple sold the lot to Charles’ father, Arden Whittier in 1914 but it remained their home and in 1921 – the last available census – they were still there.

 

The house was perhaps of lesser quality, which could explain why there are no ruins of a foundation.  Nonetheless, the clearing and the piles of stones plainly tell us someone lived on the site.

 

WILLIAM MCKELVEY and JULIA MARIA BEATTIE (arrived between 1892 and 1901)

William McKelvey and Julia Maria Beattie, who were married in 1892, lived in the house furthest west on lot 22 of Range XVI. It is possible that they settled there soon after their marriage since the land already belonged to their brother-in-law, Alfred Mitson, who had acquired it from the BALC in 1884 as a woodlot. The 1901 census lists William, 34, Julia Maria, 30, and their four children. William chose to settle close to his brothers John and Robert, and to his father John, all of whom occupied the lots immediately to the south.

 

In 1917, the couple sold the farm and house to William’s nephew, Edward J. McKelvey; the government bought the property from him in 1939.  Very close to trail no. 2, the ruins of the foundation of the house and farm buildings are still visible.

 

1/1