Découvertes

Histoire et patrimoine Orford

Bonnallie Mills.

Un hameau qui n’existe plus

Le recensement de 1911 a enregistré 155 personnes et 21 familles vivant à Bonnallie Mills. Tout comme Cherry River et Rock Forest, pendant des années le village avait un bureau de vote pour les élections provinciales et fédérales et pour les assemblées politiques. Dans les zones rurales, avoir un lieu convenable pour voter et se réunir dépendait généralement de la présence d'une école. Il y avait déjà une école à Bonnallie Mills en 1853 quand la Commission scolaire d’Ascot, qui s’occupait des écoles du canton d'Orford à cette époque, a acheté de George Bonnallie le terrain et le bâtiment du côté sud du « chemin Sherbrooke » . La Commission scolaire de North Stukely prendra la relève par la suite, faisant de l’école d’Orford l’école de rang la plus à l’est sur son territoire, jusqu’à sa fermeture au milieu des années 1950.

 

La carte de Putnam et Gray de 1863 indiquait déjà Bonnallie Mills et ses deux moulins. Stephen Cushing Bowker a fait le premier achat enregistré à Orford West auprès de la British American Land Company (BALC) en 1846. Il a acheté le lot 4W dans le rang A, exploitant son moulin à scie sur le ruisseau sortant du lac Stukely jusqu'à sa vente en 1856 à George Bonnallie. En 1848, de l'autre côté de la route, George Bonnallie et son associé William Brooks, l'homme d'affaires sherbrookois, achètent le lot 3 du rang B et construisent un moulin à farine. Avec l'aide de généreux prêts de la BALC, George Bonnallie a possédé ce moulin pendant plusieurs décennies, en embauchant le meunier Gilbert Spenard et sa famille pour l'exploiter. En 1865, William Bonnallie, le fils ainé de George, devint le propriétaire des deux moulins, rapportant au recenseur de 1871 que le produit de la meunerie s’évaluait à 8 000 $.

 

Après la mort de William Bonnallie en 1885, ses exécuteurs testamentaires ont tenté à plusieurs reprises de vendre les deux moulins, mais l'économie locale était alors en transformation. Un petit moulin de sciage destinée à la consommation locale était moins viable après 1894. L'Orford Mountain Railway ouvrit une gare à North Stukely (devenu Bonsecours), puis une ligne directe vers le sud du lac Stukely. Le chemin de fer permettait le transport des billots vers Eastman ou plus loin. La meunerie a également souffert du passage de l'agriculture de la culture du blé aux produits laitiers à la fin du XIXe siècle dans tout le Québec. Les crémeries et fromageries se sont multipliées, notamment dans les Cantons-de-l'Est. Malvina Goyette a acheté une fromagerie en 1903 sur le lot 3W rang B à Bonnallie Mills et l'a exploitée avec son mari J-B. E. Cadieux et sa famille depuis de nombreuses années.

 

Pendant ce temps, Hormidas Boissé a acquis de grandes sections de Bonnallie Mills. Il y exploita une importante scierie jusqu'au milieu des années 1950, vendant son bois dans son magasin de Montréal et jusqu'à St-Donat dans les Laurentides. Il a vendu le bord du lac au Granby Fish and Game Club en 1917, les terres qui seront par la suite occupées par le

« village étudiant » de Jouvence. Finalement, une grande partie de Bonnallie Mills a été absorbée dans l'agrandissement du parc national du Mont-Orford dans les années 1970.

Bonnallie Mills.

The hamlet that is no more

The 1911 census recorded 155 people and 21 families living at Bonnallie Mills. As were Cherry River and Rock Forest, over the years the village was a polling station for provincial and federal elections and for political meetings.  In rural areas, having a suitable place to vote and meet usually depended on having a school.  There was already a schoolhouse at Bonnallie Mills in 1853 when the Ascot School Commission, which at the time encompassed schools in Orford Township, bought the land and building along the south edge of the “Sherbrooke Road” from George Bonnallie.  The school commission of the Township of North Stukely later took it over, making the Orford School its most eastern schoolhouse, until its closure in the mid-1950s.

 

The 1863 Putnam and Gray map already indicated Bonnallie Mills and its two mills.  Stephen Cushing Bowker made the first recorded purchase in Orford West from the British American Land Company (BALC) in 1846.  He bought lot 4W in range A, operating his sawmill on the creek flowing out of Lake Stukely until selling out in 1856 to George Bonnallie.  In 1848 on the other side of the road, George Bonnallie and his partner William Brooks, the Sherbrooke businessman, purchased lot 3 in range B and built a gristmill. With the help of generous loans from the BALC, George Bonnallie operated this mill, for several decades hiring the miller Gilbert Spenard and his family to run it.  In 1865, William Bonnallie became the proprietor of the mills, reporting to the 1871 census-taker that the gristmill generated product valued at $8,000. 

 

After William Bonnallie died in 1885 the executors of his estate tried several times to sell the mills, but the local economy was changing.  A small sawmill for local consumption was less viable after 1894.  The Orford Mountain Railway opened a station in Bonsecours, and then a line directly into the south of Lake Stukely. The railway allowed transportation of logs to Eastman or further.  The gristmill also suffered as agriculture across Quebec shifted from wheat to dairy in the late 19th century.  Creameries and cheese factories multiplied, especially in the Eastern Townships.  Malvina Goyette bought a cheese factory in 1903 on lot 3W range B in Bonnallie Mills and operated it with her husband J-B. E. Cadieux and family for many years.

 

Meanwhile, Hormidas Boissé acquired significant sections of Bonnallie Mills.  He operated a major sawmill there until the mid-1950s, selling his lumber in his store in Montreal and as far as St-Donat in the Laurentians.  He sold lakeshore land to the Granby Fish and Game Club in 1917 that was later occupied by the “student village” of Jouvence.  Eventually much of Bonnallie Mills was absorbed into the enlarged Parc national du Mont-Orford in the 1970s.

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